dimanche 7 novembre 2010

Ô fils de ma mère ABU AL KACEM CHABBI

ABOU AL KACEM CHABBI

(Tunisie, 1909-1934)

Tu es né libre comme l’ombre de la brise

Et libre telle la lumière du matin dans le ciel.

Là où tu allais, tu gazouillais comme l’oiseau

Et chantais selon l’inspiration divine.

Tu jouais parmi les roses du matin

Jouissant de la lumière là où tu la voyais.

Tu marchais –à ta guise- dans les prés,

Cueillant les roses sur les collines.

*

Ainsi Dieu t’a conçu, fils de l’existence

Et la vie ainsi t’a jeté dans ce monde.

Pourquoi accepter la honte des chaines ?

Pourquoi baisser le front devant ceux qui t’on enchaîné ?

Pourquoi étouffer en toi la voix puissante de la vie

alors que retentit son écho ?

Pourquoi fermer devant la lueur de l’aube tes paupières illuminées

alors qu’est douce la lueur de l’aube ?

Pourquoi te satisfaire de la vie des cavernes ?

Où donc est le chant ? Et où le doux élan ?

Aurais-tu peur de la beauté du chant céleste

Craindrais-tu la lumière de l’espace dans la plénitude du jour ?

Allons, réveille-toi, prends les chemins de la vie

Celui qui dort, la vie ne l’attend pas.

N’aie crainte, au-delà des collines,

Il n’y a que le jour dans sa parfaite éclosion.

Que le printemps commençant de la vie

Qui brode des roses dans l’ampleur de sa cape.

Que le parfum des roses matinales

La danse des rayons sur le miroir des eaux.

Il n’y a que les pigeons élégants

Qui roucoulent sans fin dans las prairies

A la lumière ! La lumière douceur et beauté.

A la lumière ! La lumière est l’ombre des Dieux

Le 20 février 1929

(« Ô, fils de ma mère, dans Diwan)

‘Traduit par Ahmed Ben Othman)

2 commentaires:

WALLADA a dit…

l'imortel Chabbi! que c'est beau, que c'est profond ...

Merci Azwaw

Mr point a dit…

je trouve ton blog super je reviendrai te rendre visite souvent,bonne soirée.